Les Garçons et Guillaume, à table !

J’attendais ce film avec impatience : j’aime beaucoup Guillaume Gallienne et j’avais vu la bande-annonce qui m’avait déjà fait rire. Sélectionné pour la compétition, ce film passe donc à 3 reprises durant le festival, soit à la salle Némo, soit à l’espace Franquin. De trop petites salles pour un grand film…et pour des festivaliers trop nombreux, qui n’ont pas tous pu assister aux séances.

 L’histoire racontée, à la première personne, est celle de Guillaume Gallienne, depuis sa jeune adolescence jusqu’à aujourd’hui. Une histoire assez originale, qui pourrait se résumer par l’expression « coming-in » : il explique en effet comment il a réussi à comprendre qu’il était hétérosexuel, alors qu’il avait toujours été considéré comme un homo, et qu’il avait d’abord voulu se conformer à cette image avant de tomber fou amoureux de la femme qu’il a depuis épousée.

Le rôle de la mère (jouée par Gallienne, excellent en femme également) est essentiel : le jeune garçon veut lui plaire, lui ressembler. Il attend tout d’elle, quand ses frères et son père le laissent plutôt indifférent. Image

Guillaume nous emmène dans ses souvenirs d’adolescent, de son premier séjour linguistique en Espagne à son passage dans un pensionnat anglais, après une expérience désastreuse dans un autre pensionnat en France, constitué de garçons uniquement. Il nous présente les femmes de sa vie : sa mère, sa grand-mère, ses tantes.  Tout est drôle, finement observé et incroyablement joué. J’ai oublié de préciser que le film est lié à la pièce de théâtre que Gallienne avait écrite auparavant ; c’est ainsi que l’on passe du souvenir vivant recréé par le cinéma au souvenir raconté par le comédien seul sur scène. Quand il mime un vieil Espagnol riant de le voir danser comme une femme à la fête du village, l’expression est encore plus drôle que l’on voit ensuite ce vieil homme en vrai ou plutôt en faux, dans la mémoire reconstituée par le film. Ce procédé, que je n’avais jamais vu auparavant (ou alors si, mais de loin, avec Seinfeld qui mêlait à la sitcom des extraits de ses stand-ups), est génial en ce qu’il magnifie et le théâtre et le cinéma ; il permet au film de n’être ni une simple adaptation de la pièce, ni une trahison de son esprit et de son originalité.

Il faut absolument aller le voir, il ne ressemble à rien d’autre, c’est drôle et profond à la fois, ce qui n’est pas si commun. Certaines répliques sont déjà cultes pour moi, notamment Et là je m’entends lui sortir cette phrase de teckel « je peux pas, j’ai mal au dos » ou encore Bon, ton frère a voulu te noyer tu vas pas en faire toute une histoire !  Je sais, ce n’Imageest pas drôle dit comme ça, il faudra donc vous rendre au cinéma dès le 20 novembre (quelle attente !) pour retrouver toute la saveur de ces phrases…l’examen pour le service militaire est également à pleurer de rire. Et la scène du massage, en réplique de celle des Bronzés, est encore plus drôle que l’original. Guillaume Gallienne maîtrise toutes les formes de l’humour, du comique de geste à celui de situation ou de caractère, sans jamais tomber dans la caricature ou la facilité.

Le film a été très applaudi, peut-être aussi parce que nous attendions le retour de Gallienne (il avait présenté son film avant la projection). Il est en effet revenu, apparemment très touché de cet accueil. La salle s’est levée pour l’applaudir longuement, après trois salves durant le générique.

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